dimanche 15 juillet 2012


Rhiannon a décidé de m’emmener sur la Yorke Peninsula. C’est pas loin, it’s an easy drive. Bon, trois heures de route, mais au moins il fait beau. Les routes sont en terre, rouge, les 4x4 sont boueux. Nous cherchons Marion Bay, j’indique le panneau, mais elles insistent pour sortir le gps, profitons-en car il y a du réseau dans la charmante bourgade de Minlaton. « Il faut tourner à droite ! » « Ah bon tu es sûre ? » Bon, allons-y. Quelques kilomètres plus loin, Emma insiste « Tu vois, c’est bien la route de Port Vincent ». Silence. « Oh well, let’s go to Moonta, Marion Bay was too far anyway ». Et nous sommes allées à Moonta. Et nous avons mangé un fish and chips. Et nous nous sommes battues avec les mouettes. J’ai l’impression d’avoir vécu ça mille fois. Si je suis blasée jusqu’en Australie, à quoi ça sert de faire tout ce trajet ? Faut-il aller plus loin ? Dans un pays pauvre ? Ca sera la prochaine étape, je ne suis pas encore prête.  J’ai insisté pour le fish n chips, à croire que je m’accroche désespérément à ce que je connais. Je n’ai aucun envie de visiter l’Australie, à mon grand désarroi. Aucune envie d’aller nulle part. A quoi bon y aller seule ? Plus le temps passe, plus se confirme l’impression que nous sommes irrémédiablement seuls, évidemment. C’est notre lot.  Merde, quoi, pourquoi est-ce que ça ne m’a pas gêné pendant 25 ans ? Au moins, nous sommes dans cette voiture, et c’est déjà ça que nous avons en commun. Le paysage défile, vert et rouge, c’est l’hiver. Rhiannon me fait signe que j’ai le droit de faire la sieste. Je m’endors instantanément. Et quand je me réveille, le paysage n’a pas bougé, la même ligne droite, toujours, les marais et les buissons d’eucalyptus.

« J’aime bien être avec Céline, c’est facile. Elle m’apprend pleins de trucs. Là c’est un champ de betteraves, là c’est un champ d’autre chose, tu vois. » Jérémy est déprimé, comme on l’est tous à un moment ou un autre de notre vie, quand la vacuité et l’inutilité de notre existence nous aveugle, et que l’on n’a pas les moyens, à ce moment-là, de voir au-delà. A quel moment a-t-on enfin le droit d’être heureux ? Pleinement, sans arrière-pensée relativiste et analytique ? Les maisons en briques défilent, au volant de la Volvo. Un paysage gris, morne et triste, touchant et fidèle à nos espérances. Confortablement installés, Mimosa dans le juke-box, un McDo sur les genoux. Notre vie n’a jamais été aussi rock n roll. Je suis bien, et ça ne sert à rien de parler. Souvent, dès que l’on parle, on se rend compte que ce que l’on tenait pour évident ne l’est pas, que l’harmonie n’existe pas. De tous les instants paisibles de ma vie, combien de mots ont-ils été prononcés ? Marcher dans la campagne anglaise avec Michelle, arpenter les rues de Berlin la nuit avec Marit, regarder le ciel avec Nina, tous ces moments où l’on croise le regard de l’autre, et où l’on comprend qu’il vaut mieux ne rien dire, où sinon l’évidence de notre altérité, de notre erreur de jugement, nous saute à la figure. A quoi bon vouloir éclaircir ce qui nous échappe ? Nous avons chacun notre propre langage, nos propres références, que l’on croit comprises de tous mais qui ne le sont de personne. C’est évident et donc plus facile quand on ne parle pas la même langue, mais souvent oublié quand on est censée parler la même. Le pouvoir de fermer sa gueule n’est pas toujours évalué à sa juste valeur.

lundi 9 juillet 2012

Rundle Mall


Mais qu’est-ce que je fous en Australie ? C’est évidemment ce que je me demande dès que je commence ma valise dans la petite chambre parisienne. Qu’est-ce qui me prend de vouloir quitter mon bel été, mes petites habitudes confortables, pour un mois de travail, de froid et de solitude ? Mais se poser cette question, c’est se demander : mais qu’est-ce que je fous en thèse ? A vouloir réfléchir trois longues années sur un sujet qui ne passionne personne. Ou vraiment ? Ce n’est pas possible, ils font semblant ? J’ai dû mal à y croire. Comme cette vigneronne interviewée ce matin qui avait l’air si passionnée, si inspirée par son vin, le fait d’habiter à McLaren Vale et à quel point tout cela est merveilleux. Fait-elle semblant ? Arriverai-je un jour à atteindre ce degré d’enthousiasme pur, premier degré, pour quelque chose, la sensation d’avoir accompli le but de toute une vie ? Et les deux étudiantes qui m’aident, gratuitement, génuinement, pour rien, pourquoi font-elles ça ? Sont-elles sincères dans leur how fantastic ? Dois-je y croire ? Suis-je incapable de percevoir l’hypocrisie des gens, telle une sorte d’autiste bien intégrée à la société ?
Heureusement, Adelaide et ses journées ternes et froides sont animées par des excursions quasi-quotidiennes à Rundle Mall. Ce n’est pas un centre commercial au sens propre, mais une rue piétonne avec une concentration incroyable de magasins en tous genres, de bonimenteurs, magiciens, petit enfants roux qui jouent de la flûte pour gagner de l’argent (mignon ? triste ? heureux car signe d’une société qui s’intéresse à la musique/met en avant le talent/encourage les enfants à se prendre en main pour gagner de l’argent de poche et ne pas être des assistés comme ces larves d’européens ? je ne saurais dire), filles en mini-short alors que c’est l’hiver, putain, c’est l’hiver, elles portent un bonnet, une écharpe, des gants et un mini-short. Non décidément, je ne comprends rien à la vie. C’est une rue extrêmement bruyante, avec des mecs qui gesticulent en costume et micro à la main devant les boutiques de bijou pour attirer le chaland. C’est une rue constamment à l’ombre, par une magie architecturale, le soleil d’hiver n’atteint jamais Rundle Mall. Personne ne semble avoir froid, à part moi qui grelotte un paquet de mouchoirs à la main. C’est un peu la rue commerçante de la ville Far West, avec des ploucs du désert qui côtoient les riches bourgeois provinciaux. Les jolies frilles bien brushées et les white trash boutonneux cannette de bière à la main à 9h du mat. Un Châtelet à ciel ouvert, et condensé dans une rue, avec tout de même le côté exotique des ploucs mi-hooligans anglais mi-caravaniers avec des enfants mal coiffés et des vieux chiens pouilleux. Faut dire que c’est les vacances scolaires, et en plus c’est samedi. Grands Dieux ! (Grand Dieu ? Est-ce blasphématoire de le mettre au pluriel ?) Le clou du spectacle, en ces temps hivernaux, c’est évidemment la minuscule patinoire artificielle montée en plein milieu. Trois spectacles par jour (sur cette petite scène ?). Allez, il est 10h30, c’est bien tôt pour un samedi matin d’hiver, mais comme tout étranger en terre inconnue, je n’ai rien à faire le vendredi soir donc le samedi matin je me précipite à la fac pour m’abriter de ce monde hostile. Le petit détour par Rundle Mall s’imposait. Et donc allez, je me laisse tenter, de toute façon ce n’est pas comme si j’allais travailler. Tout le monde regarde. Attention mesdames et messieurs, ils viennent de toute l’Australie (= de la Ville : Sydney ou Melbourne) pour vous aujourd’hui, les chaaaaampions ! Et là, six jeunes femmes en maillot de bain rose à paillette, avec littéralement une plume dans le cul, le même fond de teint pour toutes, trop blanc sur certaines, trop foncé sur d’autres, des queues de cheval éblouissantes qui sont bien évidemment des extensions bon marché, et un joli sourire figé. Que font-elles ici ? Comment en sont-elles arrivées à se trémousser sur une musique sans âme sur une fausse patinoire de 12 m² dans un centre commercial à l’ombre avec des petits enfants Chinois et des bogans (terme local pour plouc white trash) qui les regardent bouche bée ? Y’a-t-il une patinoire à Adelaide ? Cette patineuse si souple aurait-elle pu être gymnaste ? Est-elle contente d’être ici ? Est-ce que ça paye bien ? Et je crois lire dans leurs yeux la même interrogation que dans les miens : « mais qu’est-ce que je fous là ? » ; suivie de, mais là c’est peut-être pousser la projection un peu loin, « Rundle Mall un samedi matin, je crois que j’ai touché le fond ». Les enfants crient. Les bogans boivent leur bière.

vendredi 6 juillet 2012

Sur la meme longueur d'ondes


Je vibre donc je suis.
Suis-je en train de devenir folle? Des elements avant-coureurs ont attire mon attention, mais je les ai ecartes. 1997: “On est sur la meme longueur d’ondes”: qu’est-ce que j’ai pu detester cette expression. Et qu’est-ce que j’etais conne. Aout 2007: foret de Jihlava. Red star dans le corps. Je suis mal, mal, mal, il fait sombre. Vojta constate, sobrement: “the universe is just strings”. Je pense ironiquement “oui, oui, c’est ca”. Octobre 2007: j’ai cru mourir mais la vibration m’a sauvee, et m’a montree le chemin jusqu’a toi. Et je sais que je ne suis pas la seule a vivre ca. Je sens chaque changement de vibration, chaque irruption d’un nouveau son, harmonieux ou dissonant. Vibration harmonieuse, moi, toi, le soleil, l’herbe. Une pensee arrive, une vaguelette, un tsunami, peu importe, ma frequence chance, l’harmonie de l’ensemble est brisee. Mais qu’as tu ressenti toi? Comment le sentir?
Donc ca serait ca, le bonheur. On t’a dit: pense tres fort a ce que tu veux, visualise, precisement, et l’univers te le rendra. Mais on ne nous a pas prevenu que c’est justement ca le vaste probleme: que veux-je? Qu’est-ce que je veux qui fera qu’apres je me sentirai complete, que je ne voudrai plus constamment changer. C’est un instant, celui ou l’on se sent juste bien, a l’infini, celui ou l’on se dit “j’aimerais que ca dure toujours” (mais bien sur l’irruption de cette pensee peut desharmoniser l’ensemble). Un instant de contentement qui arrive toujours un peu par surprise, que l’on ne peut pas necessairement controler. Une certain vibration, la mienne, qui va s’accorder aux vibrations d’un lieu, d’une personne, pour former une harmonie. Et cette harmonie est propre a chacun de nous, un certain chant, une voix, une melodie. Et cette harmonie justement ne depend pas que de moi. Peut-on etre heureux a cote de quelqu’un, physiquement, qui est sur une vibration dissonnante de la mienne? Cette personne percoit-elle egalement la dissonance ou bien justement non?
Les humains ont une vibration relativement forte, plus ou moins selon les individus. Malheureusement, ou heureusement, je crois avoir besoin de m’accorder constamment a la vibration de quelqu’un d’autre pour etre bien. La mienne ne me suffit pas. Peut-etre qu’elle est trop forte et qu’elle a besoin d’une autre vibration forte en harmonie? Deux petit poissons...Un banc de poissons...Et surtout, sentir que l’autre, les autres, ressentent la meme harmonie vibrationnelle...C’est arrive quelques fois, déjà. Et quelle frustration, quelle solitude quand les vibrations sont sensiblement dissonantes, ou quand l’harmonie, car elle est si forte, n’est pas partagee.

Pour mieux comprendre, en son et lumieres:

Et en images (faire abstraction de l’audience):

dimanche 13 mai 2012

Synesthète: dans tes rêves!

Mai 2009

"J'ai rêvé cette nuit qu'il y avait un rapport entre les nombres et la personnalité. Chaque odeur avait un nombre, et pouvait influencer un comportement. Les bons nombres étaient le 5 et le 13.Les méchants étaient le 6 et le 12. Mon parfum "Chance" portait une odeur 5."

Ca correspond à peu près aux couleurs que je sens en ce moment: couleurs chaudes pour les chiffres impairs (3 rouge, 5 jaune, 7 rouge), et couleurs froides pour les chiffres pairs (6 bleu turquoise, 8 bleu foncé ou violet selon le contexte chiffresque). C'est comme ça que je retiens les numéros de carte de cantine de tout le monde, enfin, ça aide. 7068, 7067: blanc, orange et rouge (couleur alsacienne?)
6276: très clairement bleu turquoise, couleur normande du nord (62, 76)
6277: hybride entre le chaud et le froid, turquoise et rouge.

Voilà, maintenant vous pouvez aller manger à l'oeil au restaurant Inter-Entreprise de la rue de Tolbiac!
Je mets ces textes entre guillemets, car ils ne sont pas de moi, mais de la personne que j'étais en 2008. Cependant, beaucoup de ces choses que j'ai écrites à l'époque ont encore un sens pour moi aujourd'hui. Désolée pour ces pavés indigestes, mais j'ai de l'affection pour la personne qui les a écrits, qui, insomniaque, devait écrire ça fébrilement sur un bout de papier afin d'expier et d'enfin trouver le sommeil, par nécessité absolue. Ces textes se trouvaient parmi des affaires ramenées des USA.

Novembre 2008, à quelques jours d'intervalles.

"Today is a day of change. I want to make something of my life, to create love and happiness. It's not me speaking. Universal positive energy through beins. I want to overcome sorrow, pain, cruelty, and all the forms of energy expressed in a negative way. I want to love you. Terrestrial life, external life might be miserabl in any respect, but I want to keep the fire from within burning. Our energy can be as constructive as destructive it proved to be many times. And I want to maintain and use the energy in a positive way. From now on, I decide to follow the light path instead of sorrow, complain and heaviness. Some things can be chose. Love is everywhere, sometimes next to cruelty. I have to find and turn on love everywhere I can, and if I can't, try to make people want the same. Stop destruction, let's create!"

Ok, j'avais peut-être un peu abusé du lsd. Et quelques jours plus tard:

"Ai-je le droit de dire que je suis malheureuse? Que je suis désespérée? J'ai deux impressions contradictoires. Parfois, je me dis que les moments de bonheur ne sont que d'intenses et brèves phases d'excitation qui jaillissent d'un océan de désespoir. Si j'attrape un espoir, je tire sur la corde jusqu'à ce que tout s'effondre: il était infondé, retour à la case départ. In cessante impression de tourner en rond et de ne faire qu'attendre la mort en essayant de vivre. La réflexion qui toujours accompagne cette première est que je suis heureuse, maintenant, tout de suite, et que je l'ai toujours été! Mes pleurs et ma morosité ne sont que le signe d'une faiblesse de caractère, d'une enfance trop gâtée. Autre variante: tout le monde est comme moi, sauf que j'ai la particularité de pleurer plus que la moyenne, par nature. You cannot control your mind, diraient certains détracteurs, philosophes et autres yogis. Eh bien non, definitely I cannot. Je suis déjà occupée à essayer de contrôler mon corps, et j'ai bien assez d'une prison. Par cela, je n'entends pas que que le corps (ou l'esprit) soit une prison, mais que la volonté infinie de le contrôler l'est. Autre variante encore: je suis inadaptée. Dans quel sens? Pourquoi? Pour quoi? Dans le sens où je ne suis bien nulle part, même -et c'est dur à dire, avec Lola, et c'est-à-dire avec moi-même en fait. Admettons que ce ne soit pas l'orgueil et l'égoïsme qui me rendent en permanence mal. C'est quoi alors, un caractère pessimiste peut-être?
Il n'y aucun élément de ma vie sur Terre qui puisse mener à de quelconques perturbations psychologiques. Au contraire, j'ai eu tout ce qu'il fallait pour être heureuse. Je devrais être heureuse, mais je ne le suis pas et me sens tellement coupable. Là encore, je me dis que personne ne l'est, d'où aucun espoir que je le sois un jour. Ou alors j'ai des prédispositions de caractère qui m'empêchent de voir le bon côté des choses (le "secret" du bonheur). C'est dur à changer, un caractère. D'ailleurs, je n'ai pas forcément envie de le changer, car c'est moi qui choisit d'être malheureuse. Avec tout ça, je mérite donc de l'être!Conclusion, reste dans ta merde, c'est entièrement ta faute.
L'impression que j'ai de mon expérience de vie: une continuelle déception. Jour après jour, je suis déçue. Par toutes les nouvelles choses que je fais, les personnes à qui je parle. Je cherche un modèle alors qu'il n'y en a pas. Et je traduis cette déception par deux attitudes: repli sur moi-même, ou bien agressivité vis-à-vis des "liens avec le monde" (personnes proches), qui ont pour point commun un dégoût croissant de moi-même.
A la lecture du livre (nda: livre de J. Siaud-Machin sur les gens """surdoués""", lu à cette période), j'ai cru trouver une réponse: je serais donc un zèbre! Hélas, tout me prouve le contraire: 1) je ne comprends rien à rien, 2) je suis nulle en maths. Je déteste les maths. Je les trouve moches, inutiles et absurdes. Je préfère la poésie et la danse. Quant à mes aptitudes du côté verbal, elles viennent tout droit de mon milieu ultra-favorisé. Je n'ai aucun mérite. Je suis normale. J'ai envie de mourir. Pas le passage de la vie à la mort, qui m'obsède car j'en ai très peur, ça m'obsède, tout le temps, je suis très angoissée.
J'ai plusieurs questions auxquelles je n'ai pas de réponse: pourquoi est-ce que je pleure tout le temps? pourquoi ai-je à la fois envie et si peur de mourir? pourquoi ai-je toujours l'impression que personne ne m'aime. Pourtant, une fois de plus je suis contradictoire car je pense que l'amour n'existe pas, ou alors il est extrêmement rare. Dans la réalité commune, personne n'aime totalement personne.
Tant d'incertitudes me rongent de l'intérieur. Dépendre de la parole d'autrui pour connaître leurs pensées. Quelle trahison! Le mensonge est partout! Quand je dis "je t'aime", je mens aussi. Les gens font semblant, mais je ne leur en veux pas. Mais alors pourquoi est-ce que je m'en veux à moi. Malheureusement, je crois que personne ne pourra jamais m'aider. Je suis condamnée à l'angoisse et aux pleurs. Condamnées par moi-même.

Je pourrais continuer longtemps comme ça, mais ça suffit (nda: effectivement)."

Une semaine après, dans un élan d'amour pour André, je partais à Prague sur un coup de tête.
Je suis amenée ces jours-ci à remonter le fil du temps. Je l'exaspère car je ne range pas assez vite, mais chaque petit carnet, petit papier habilement caché afin que personne ne le lise jamais, découvert au hasard dans un livre, une poche de sac à dos, une boîte à chaussures, m'amène à dérouler petit à petit l'écheveau de mon existence, à essayer de comprendre qui je suis. Des pensées enfouies que je compulse maladivement sur ce blog, non que ça intéresse quelqu'un, ou que je veuille que ce soit lu. Mais par peur d'oublier et, peut-être, dans un espoir très hypothétique que cela puisse parvenir un jour à quelqu'un qui pourra se dire: "je ne suis pas seul(e)".