On m’avait dit que tout allait bien se passer. L’hypnotiseuse m’a persuadée que tout allait bien se passer. Et voilà, incident technique, panne du circuit d’eau (là je comprends circuit de refroidissement, moteur en surchauffe, réacteur qui va au choix exploser, s’enflammer ou tout simplement se désintégrer, nous entraînant dans une chute mortelle et sans fin –oui, c’est une oxymore, mais c’est ce qui fait l’horreur de la situation). Bon et bien au final tout s’est bien passé, 15h30 d’avion où je n’ai fait que dormir ou bien parler avec ma voisine polonaise qui malheureusement ne parlait pas tchèque, personne n’est parfait. J’avais fait exprès de choisir une escale à Singapour pour profiter du soit-disant plus bel aéroport du monde, mais à cause du circuit d’eau et du retard, pas le temps de faire du shopping, immense déception. On rempile directement avec 6h30 vers l’Australie, et paraît-il qu’un nuage de cendres pourrait bien nous empêcher de partir. Puis on part. (Nuage de cendres, on part quand même, réacteurs embourbés dans la poussière, perte de vitesse, chute mortelle et sans fin, bis). Point de cendres mais des sièges bien confortables, et en prime un typhon tropical au-dessus de la Papouasie. Oui car évidemment, pendant tout le vol, je choisis la chaîne « flight information and maps » sur mon écran, et l’orage survint en vue de Port Moresby. Ceux qui suivent remarqueront finement qu’un vol Singapour-Adelaïde passant par Port Moresby serait étrangement allongé, mais il m’arrive de prendre quelques libertés avec la géographie. Nous sommes dans un A330, fortes intempéries, sondes de vitesse défaillantes, vents cisaillants, carte interactive qui se met en « informations indisponibles pour le moment », décrochage de l’appareil, chute mortelle et sans fin, ter. Mais cette fois j’ai mis des boules quiès, un masque, et je sers fort mon doudou (enfin, l’oreiller) contre moi, et ça marche.
dimanche 26 juin 2011
lundi 31 janvier 2011
De retour à Paris
Paris-Lyon-Durham-Brno-Canterbury-Paris-Olomouc-Paris. La boucle est bouclée, je suis revenue à mon point de départ, et rien n'a vraiment changé. Lola n'est plus là. Quel que soit le pays dans lequel je vis, mes journées se résument à peu près à la même chose, sauf que là je me suis installée un hamac, j'ai upgradé. J'ai amélioré la technique de Rob: fumer un peu et l'on se concentre à nouveau sur son travail. Je fume tout, je ne travaille pas, et je m'en fous. Je ne sais pas si l'on peut parler d'amélioration, ni même si l'on peut dire que je suis l'instigatrice de ce style de vie révolutionnaire , mais en tout cas, ça semble convenir à Zadig. A nouveau depuis deux-trois ans, j'ai un peu d'argent. Je ne sais pas ce que je suis censée en faire, alors comme Penny j'achète des chaussures sur internet.
En choisissant cet appartement, j'avais peur du vis-à-vis avec le hlm d'en-face. Finalement, mon exhibitionnisme s'en accommode très bien, et j'ai presque l'impression de ne pas être seule. Il y a ces moments comme ça où l'on repense à ce qui nous avais mis en garde dès le début. Sans étonnement, je repense aux tarots. "Vous êtes solitaires mais ne supportez pas la solitude". "Vous le regretterez si vous le quitter mais la vie avec lui ne vous plaira pas". "Tu feras les mauvais choix, et non tu ne t'en rendras pas compte à temps". En même temps, c'est ça le destin, on ne peut rien y faire! Comme c'est reposant. Le retour a un sens que je ne comprends pas encore pour l'instant et que je ne peux pas changer.
En choisissant cet appartement, j'avais peur du vis-à-vis avec le hlm d'en-face. Finalement, mon exhibitionnisme s'en accommode très bien, et j'ai presque l'impression de ne pas être seule. Il y a ces moments comme ça où l'on repense à ce qui nous avais mis en garde dès le début. Sans étonnement, je repense aux tarots. "Vous êtes solitaires mais ne supportez pas la solitude". "Vous le regretterez si vous le quitter mais la vie avec lui ne vous plaira pas". "Tu feras les mauvais choix, et non tu ne t'en rendras pas compte à temps". En même temps, c'est ça le destin, on ne peut rien y faire! Comme c'est reposant. Le retour a un sens que je ne comprends pas encore pour l'instant et que je ne peux pas changer.
La dame de pipi de Waffenheim
Il existe deux inconvénients majeurs au voyage en bus. Premièrement, on a mal aux fesses. Deuxièmement, on s'arrête toujours à Waffenheim. Il est généralement aux alentours de quatre heures du matin, l'heure à laquelle on réussit à s'endormir un peu, entre les éclats de voix de Dirty Dancing (en tchèque), et les walkman des voisins. On se laisse bercer par un trajet sans fin, sans but,où seul le voyage compte. On va tout droit, très vite, parfois ça tangue dans les virages, mais on se dit peu importe, c'est sans importance, dans cet état de somnolence, on pourrait voyager comme ça des jours et des jours. Je ne sais pas si Waffenheim existe, si on peut le trouver sur google., mais il est bien là. Le bus s'arrête, au moment où l'on aimerait tellement que ça ne s'arrête jamais. Les lumière s'allument. Vous avez quinze minutes de pause, et le moment de grâce espéré pendant les sept premières heures du voyage s'envole. Certains préfèrent faire semblant sans ouvrir les yeux; mais ce n'est pas mon cas, il est temps d'affronter Waffenheim.
Je garde un très mauvais souvenir des toilettes du bus. Elles sont souvent propres, là n'est pas le problème. Une fois de plus où j'étais malade, j'ai voulu boire; j'ai vu, trop tard, que l'eau n'était pas potable. Rien que pour ça je descends du bus.
C'est une grande aire de repos à l'allemande, propre, trop éclairée, des victuailles plein la vue, j'ose pas chercher Bravo de peur qu'ils repartent sans moi. Je me dirige comme un automate vers les toilettes, comme les autres, aveuglés après avoir passé quelques heures dans la pénombre du bus. Et là elle se dresse. Je dis elle, mais c'est plus la représentation d'une figure universelle, pas forcément maléfique, la représentation personnifiée d'un obstacle qu'il va falloir franchir pour continuer. C'est à ce moment-là qu'on fouille frénétiquement dans ses poches à la recherche d'une pièce. C'est à ce moment-là qu'on ne sait plus quelle langue il faut parler, qu'on lance à tout hasard dobry den car on ne sait plus quel jour on est, quelle heure il est, qu'est-ce qu'on est venu chercher ici. Nein, fait-elle de la tête, sans que l'on sache à quoi elle fait référence: la langue qui n'est pas la bonne, la monnaie qui n'est pas la bonne, ma gueule qui n'est pas la bonne, le temps qu'il fait. Kein Pippi, je pense. Tout le monde semble passer sans encombre, et moi comme un saumon arrêté à un barrage stupide, je ne sais pas quoi faire, alors j'attends, et j'ai l'impression que c'est un peu à ça que se résume ma vie. Et puis il est temps de remonter dans le bus, pour les heures les plus longues.
Je garde un très mauvais souvenir des toilettes du bus. Elles sont souvent propres, là n'est pas le problème. Une fois de plus où j'étais malade, j'ai voulu boire; j'ai vu, trop tard, que l'eau n'était pas potable. Rien que pour ça je descends du bus.
C'est une grande aire de repos à l'allemande, propre, trop éclairée, des victuailles plein la vue, j'ose pas chercher Bravo de peur qu'ils repartent sans moi. Je me dirige comme un automate vers les toilettes, comme les autres, aveuglés après avoir passé quelques heures dans la pénombre du bus. Et là elle se dresse. Je dis elle, mais c'est plus la représentation d'une figure universelle, pas forcément maléfique, la représentation personnifiée d'un obstacle qu'il va falloir franchir pour continuer. C'est à ce moment-là qu'on fouille frénétiquement dans ses poches à la recherche d'une pièce. C'est à ce moment-là qu'on ne sait plus quelle langue il faut parler, qu'on lance à tout hasard dobry den car on ne sait plus quel jour on est, quelle heure il est, qu'est-ce qu'on est venu chercher ici. Nein, fait-elle de la tête, sans que l'on sache à quoi elle fait référence: la langue qui n'est pas la bonne, la monnaie qui n'est pas la bonne, ma gueule qui n'est pas la bonne, le temps qu'il fait. Kein Pippi, je pense. Tout le monde semble passer sans encombre, et moi comme un saumon arrêté à un barrage stupide, je ne sais pas quoi faire, alors j'attends, et j'ai l'impression que c'est un peu à ça que se résume ma vie. Et puis il est temps de remonter dans le bus, pour les heures les plus longues.
lundi 27 décembre 2010
Batofar 2
Nath et moi. Je me dois donc de l'aide à chercher, sinon il ne dansera jamais et ce serait fâcheux. Finalement, c'est la drogue qui vient à moi. On me propose de l'ecsta mais je refuse poliment, et dit que ce monsieur voudrait bien de l'acide (je ne connais pas l'argot des djeuns d'aujourd'hui). Mais quel acide? qu'il me répond. Meth, speed, keta? Euh ben, lsd? Ah oui mais ça ma bonne dame, fallait le dire tout de suite (il n'a pas vraiment dit ma bonne dame, il ne serait pas permis, avec mes oreilles de chat). Bon, donc ne pas dire acide en France. Il va chercher quelqu'un ("ne bougez pas ma bonne dame, j'arrive tout de suite"). Le mec qui revient a une bonne tête de dealer: on leur a jamais dit que la capuche et les lunettes ça faisait louche en boîte? Et bon c'est moi qui doit payer, car Nath a tout dépensé dans des cocktails à 10 euros (ah ces anglais...). Un petit morceau de papier. Il gobe tout. Gonflé le mec! Eh rends-m'en un peu, c'est mon anniversaire (l'excuse du jour). Donc il recrache et j'en prends un micro-bout (le coin), histoire d'avoir un effet placebo.
Ah oui, la musique sonne mieux tout d'un coup. Je regarde bouger mes mains. Signes classiques, pas trop fort, jusque ce qu'il faut, parfait. Nath "is tripping so much", il danse pratiquement torse nu, tout le monde est content. Puis on va fumer sur le pont supérieur. Tout le monde a l'air si jeune, et Nath acquiese, en ajoutant que si même lui le pense, c'est qu'ils sont vraiment jeunes (il a 20 ans). Les seuls "vieux" sont à moitié édentés. Et ils ont l'air tous à moitié dégénérés. Est-ce que c'est le trip qui me rend snob?
J'ai mal calculé mon coup, on repart à 5h, et y'a pas de métro avant une demi-heure. C'est encore plus l'ambiance de fin du monde. Nath, décidément très anglais, n'a pas de manteau. Chat échaudé craint l'eau froide, il évite tout groupe de gens dehors à cette heure-là de peur de se refaire agresser (faudrait quand même pas qu'on lui vole son cd gratuit!). Des hordes d'hommes en noir sortent de sous la terre. Un par un, criant, mugissant, leur longue cape s'agitant dans les bourrasques de neige. Nous nous cachons derrière un recoin de porte. Nath surveille, it's never ending! it's never ending!. Mais une envie pressante lui prend et il doit m'abandonner. C'est le moment que choisis une jeune femme esseulée pour m'aborder. Elle me demande où se trouve Bercy, nous sommes juste en face, oui mais pour y aller, ben il faut prendre le pont, mais il est où le pont, ben là vous voyez pas, non je ne le vois pas. Est-ce que je suis en train de tripper? Elle s'éloigne et se fait inévitablement embusquer et attaquer par la horde de vampires. Nath et moi regardons sans rien faire, tristes de n'avoir pu la sauver. Mais il arrivent vers nous! Vite on doit changer de cachette! On passe par derrière Truffaut en se cassant la gueule sur le verglas, Nath a froid, sans blague. Puis là, on voit le métro allumé! Vite, planche de salut! On se dirige vers le métro aérien, et là, horreur, ils sont en embuscades. Ils nous attendent? Pitié! mon sang est tout froid et pas frais du tout! (c'est pas logique, mais bon dans ces moments-là on perd son sang-froid...euh non celle-là je n'ai pas fait exprès!). On monte les marches. Ils nous regardent. Et là je les vois, ils sont tous en haut. 1, 2, 3...40...50! Les yeux braqués sur nous. Ils sont tous noirs. J'ai mon boa rose. Nath a l'air pédé . We are sending the wrong message!
Et là, de façon inespérée, le métro arrive. On se jette dedans et on entend des cris à l'extérieur. Soulagés, on soupire enfin. Le métro est plein, de gens normaux, c'est tellement bizarre! Et ces cris! Les vampires ne peuvent pas rentrer? Ai-je vraiment pris que le petit coin de ce bout de papier? Peu importe, nous sommes sauvés. Mais j'ai laissé des traces roses partout.
Ah oui, la musique sonne mieux tout d'un coup. Je regarde bouger mes mains. Signes classiques, pas trop fort, jusque ce qu'il faut, parfait. Nath "is tripping so much", il danse pratiquement torse nu, tout le monde est content. Puis on va fumer sur le pont supérieur. Tout le monde a l'air si jeune, et Nath acquiese, en ajoutant que si même lui le pense, c'est qu'ils sont vraiment jeunes (il a 20 ans). Les seuls "vieux" sont à moitié édentés. Et ils ont l'air tous à moitié dégénérés. Est-ce que c'est le trip qui me rend snob?
J'ai mal calculé mon coup, on repart à 5h, et y'a pas de métro avant une demi-heure. C'est encore plus l'ambiance de fin du monde. Nath, décidément très anglais, n'a pas de manteau. Chat échaudé craint l'eau froide, il évite tout groupe de gens dehors à cette heure-là de peur de se refaire agresser (faudrait quand même pas qu'on lui vole son cd gratuit!). Des hordes d'hommes en noir sortent de sous la terre. Un par un, criant, mugissant, leur longue cape s'agitant dans les bourrasques de neige. Nous nous cachons derrière un recoin de porte. Nath surveille, it's never ending! it's never ending!. Mais une envie pressante lui prend et il doit m'abandonner. C'est le moment que choisis une jeune femme esseulée pour m'aborder. Elle me demande où se trouve Bercy, nous sommes juste en face, oui mais pour y aller, ben il faut prendre le pont, mais il est où le pont, ben là vous voyez pas, non je ne le vois pas. Est-ce que je suis en train de tripper? Elle s'éloigne et se fait inévitablement embusquer et attaquer par la horde de vampires. Nath et moi regardons sans rien faire, tristes de n'avoir pu la sauver. Mais il arrivent vers nous! Vite on doit changer de cachette! On passe par derrière Truffaut en se cassant la gueule sur le verglas, Nath a froid, sans blague. Puis là, on voit le métro allumé! Vite, planche de salut! On se dirige vers le métro aérien, et là, horreur, ils sont en embuscades. Ils nous attendent? Pitié! mon sang est tout froid et pas frais du tout! (c'est pas logique, mais bon dans ces moments-là on perd son sang-froid...euh non celle-là je n'ai pas fait exprès!). On monte les marches. Ils nous regardent. Et là je les vois, ils sont tous en haut. 1, 2, 3...40...50! Les yeux braqués sur nous. Ils sont tous noirs. J'ai mon boa rose. Nath a l'air pédé . We are sending the wrong message!
Et là, de façon inespérée, le métro arrive. On se jette dedans et on entend des cris à l'extérieur. Soulagés, on soupire enfin. Le métro est plein, de gens normaux, c'est tellement bizarre! Et ces cris! Les vampires ne peuvent pas rentrer? Ai-je vraiment pris que le petit coin de ce bout de papier? Peu importe, nous sommes sauvés. Mais j'ai laissé des traces roses partout.
Batofar
Ce soir je fête mon anniversaire, presque par hasard. La dernière fois, c'était il y a 15 ans déjà, et je m'en souviens bien, j'avais mis ma robe de princesse, préparé un super goûté et reçu un dinosaure en bois à monter soi-même. C'est à peu près pareil cette année, j'ai mis mon boa rose de princesse, préparé des super lasagnes, et...non bon pas de dinosaure cette fois, mais ce n'est que partie remise. Lancelot et Stéphanie viennent dîner, et ensuite j'ai prévu de les emmener au Batofar ("célèbre lieu de plaisir(s?)" selon ma mère, mais je vous rassure, ce n'est pas elle qui m'a conseillée d'y aller). J'ai omis de préciser qu'il s'agissait d'une soirée psytrance pour ne pas leur faire peur. Lancelot, fidèle à lui-même, a revêtu son plus beau costume: un t-shirt où il est écrit " a blow job is better than no job" en jaune fluo., et je n'aurais pas pu penser à mieux. A défaut de dinosaure, je me suis offert un piercing, afin d'avoir l'air enfin cool. Je ne suis pas sûre que ça marche, mais bon qui ne tente rien n'a rien. Le tout agrémenté d'un serre-tête oreilles de chat, histoire de ne pas perdre de vue qui je suis. Dans la foulée sont conviés Nath, Claire et Baptiste, pour un assemblage improbable de gens censés célébrer mon existence (rien que ça).
Il neige, il vente, c'est presque le jour d'après. La Seine déborde pour former une petite plage romantique et lugubre sur les quais de la BNF, et Claire a bien failli se retrouver à l'eau. A peine entrés, on propose du Lsd à Lancelot. Bien qu'émoustillé, il décline l'offre, au grand dam de Nath qui, en bon anglais, ne peut s'amuser qu'avec l'aide de substances étranges et de doses d'alcool dépassant les normes françaises. Son grand dam est de ne pas vraiment oser demander à tous ces gens qui ont pourtant l'air drogués s'ils possèdent ce qu'il cherche. Il est même jaloux de Claire qui, après avoir répété qu'elle ne voulait surtout pas venir, ondule et coudoie sur la piste comme si la musique inondait sa colonne vertébrale (c'est une littéraire), et qui donc semble avoir pris trois ecstas. Mais non, Nath, c'est juste Claire. Ah, one of these special people! Je sème des plumes roses partout et je miaule avec du papier toilette dans les oreilles, mais ce n'est pas suffisant pour retenir Steph, Lancelot, Claire et Baptiste qui partent vers 2 heures. Nath est horrifié que des gens puissent partir si tôt le jour de mon anniversaire (je l'aime bien), et bien sûr qu'il restera avec moi, et de toutes façons il n'a pas encore trouvé son Lsd. C'est con j'en avais à la maison, mais je n'ai pas pensé à lui en offrir après la gorgée initiatique de slivovice (qui l'a laissé de marbre mais a bien coupé la parole à Steph pendant un quart d'heure et à Lancelot pendant un quart de seconde, ce qui n'est pas rien).
Il neige, il vente, c'est presque le jour d'après. La Seine déborde pour former une petite plage romantique et lugubre sur les quais de la BNF, et Claire a bien failli se retrouver à l'eau. A peine entrés, on propose du Lsd à Lancelot. Bien qu'émoustillé, il décline l'offre, au grand dam de Nath qui, en bon anglais, ne peut s'amuser qu'avec l'aide de substances étranges et de doses d'alcool dépassant les normes françaises. Son grand dam est de ne pas vraiment oser demander à tous ces gens qui ont pourtant l'air drogués s'ils possèdent ce qu'il cherche. Il est même jaloux de Claire qui, après avoir répété qu'elle ne voulait surtout pas venir, ondule et coudoie sur la piste comme si la musique inondait sa colonne vertébrale (c'est une littéraire), et qui donc semble avoir pris trois ecstas. Mais non, Nath, c'est juste Claire. Ah, one of these special people! Je sème des plumes roses partout et je miaule avec du papier toilette dans les oreilles, mais ce n'est pas suffisant pour retenir Steph, Lancelot, Claire et Baptiste qui partent vers 2 heures. Nath est horrifié que des gens puissent partir si tôt le jour de mon anniversaire (je l'aime bien), et bien sûr qu'il restera avec moi, et de toutes façons il n'a pas encore trouvé son Lsd. C'est con j'en avais à la maison, mais je n'ai pas pensé à lui en offrir après la gorgée initiatique de slivovice (qui l'a laissé de marbre mais a bien coupé la parole à Steph pendant un quart d'heure et à Lancelot pendant un quart de seconde, ce qui n'est pas rien).
jeudi 23 décembre 2010
Zadig 2
Zadig est le plus beau, je vous l'ai déjà dit?
J'ai enfin terminé ma "charge d'enseignement" du premier semestre. Et tu parles d'une charge! Moi qui n'avais jamais voulu être prof, je comprends enfin pourquoi.
Non bon j'exagère, ils ne sont pas tous méchants. Mais ils m'appellent madame! Ceci dit je trouve ça assez mignon, surtout s'ils n'essayent pas de me piéger avec leurs questions débiles. J'ai décidé de m'en foutre et de ne pas faire semblant. Baskets roses, cheveux sales, j'arrive en retard. On me pose une question? Je ne sais pas. Ils parlent? S'ils ont un problème ils peuvent partir. Le cours parle de quoi? Je ne sais pas on n'a pas non plus éclairé ma lanterne. Welcome to the French university, c'est moi la prof!
Le cours de commentaire de documents est plus excitant, j'ai essayé de les enthousiasmer pour le bouchon vaseux de l'estuaire de la Seine, les corons de Lens, les bananeraies de Guadeloupe...Et moi-même j'y croyais. Les mardi matins n'ont jamais été aussi joyeux. Faut dire qu'ils n'étaient que deux à ce cours, c'est plus facile pour les dompter.
J'ai enfin terminé ma "charge d'enseignement" du premier semestre. Et tu parles d'une charge! Moi qui n'avais jamais voulu être prof, je comprends enfin pourquoi.
Non bon j'exagère, ils ne sont pas tous méchants. Mais ils m'appellent madame! Ceci dit je trouve ça assez mignon, surtout s'ils n'essayent pas de me piéger avec leurs questions débiles. J'ai décidé de m'en foutre et de ne pas faire semblant. Baskets roses, cheveux sales, j'arrive en retard. On me pose une question? Je ne sais pas. Ils parlent? S'ils ont un problème ils peuvent partir. Le cours parle de quoi? Je ne sais pas on n'a pas non plus éclairé ma lanterne. Welcome to the French university, c'est moi la prof!
Le cours de commentaire de documents est plus excitant, j'ai essayé de les enthousiasmer pour le bouchon vaseux de l'estuaire de la Seine, les corons de Lens, les bananeraies de Guadeloupe...Et moi-même j'y croyais. Les mardi matins n'ont jamais été aussi joyeux. Faut dire qu'ils n'étaient que deux à ce cours, c'est plus facile pour les dompter.
Zadig
Je fais mes courses de chat sur internet, comme on choisirais son futur enfant. Sauf que comme par hasard j'ai choisi le plus moche!
Non Zadig est loin d'être moche, mais disons que si j'avais voulu faire dans l'eugénisme, j'aurais choisi un beau chat majestueux à poils longs qui miaule dignement et ne fait jamais caca...
Zadig a le mérite de ne pas ressembler à Lola. Autant Lola était paisible et miaulait comme la castafiore, autant Zadig est nerveux et miaule comme un castrat. Et c'est très bien comme ça! Pour l'instant, car je sens qu'il a envie d'une petite soeur...(qui ne s'appellera pas Voltaire donc).
Lola me surveille au-dessus de mon ordinateur. J'ai mis sa photo afin qu'elle veille sur moi (m'inspire dans le travail), comme d'autres auraient mis la photo d'un Bouddha danois à moto qui ressemble à Schwarzie sur leur frigo plein de tofu où se cachent au fond quelques saucisses (cf. le stage chez les bouddhistes de l'été 2008). C'est une photo où elle regarde bien droit dans l'objectif, et c'est la seule. J'avais dû l'imprimer pour assister à un workshop "Communicating with animals". Dans mon élan mystique, j'ai traversé toute l'Angleterre jusqu'à York pour apprendre à communiquer télépathiquement avec les animaux et au passage couchsurfer chez un Sud-africain sous acide.
Le verdict est: ça marche. Enfin, pour moi je sais pas. Disons qu'il faut se concentrer à fond, respirer par le ventre, vider son esprit, et tout ça me rappelle tellement André et ses dérives sectaires que ça perturbe un peu le processus. Il paraît que le plus dur c'est de parler avec ses propres animaux. Alors j'essaie de parler aux inconnus, mais je me prends souvent des coups de griffe.
Non Zadig est loin d'être moche, mais disons que si j'avais voulu faire dans l'eugénisme, j'aurais choisi un beau chat majestueux à poils longs qui miaule dignement et ne fait jamais caca...
Zadig a le mérite de ne pas ressembler à Lola. Autant Lola était paisible et miaulait comme la castafiore, autant Zadig est nerveux et miaule comme un castrat. Et c'est très bien comme ça! Pour l'instant, car je sens qu'il a envie d'une petite soeur...(qui ne s'appellera pas Voltaire donc).
Lola me surveille au-dessus de mon ordinateur. J'ai mis sa photo afin qu'elle veille sur moi (m'inspire dans le travail), comme d'autres auraient mis la photo d'un Bouddha danois à moto qui ressemble à Schwarzie sur leur frigo plein de tofu où se cachent au fond quelques saucisses (cf. le stage chez les bouddhistes de l'été 2008). C'est une photo où elle regarde bien droit dans l'objectif, et c'est la seule. J'avais dû l'imprimer pour assister à un workshop "Communicating with animals". Dans mon élan mystique, j'ai traversé toute l'Angleterre jusqu'à York pour apprendre à communiquer télépathiquement avec les animaux et au passage couchsurfer chez un Sud-africain sous acide.
Le verdict est: ça marche. Enfin, pour moi je sais pas. Disons qu'il faut se concentrer à fond, respirer par le ventre, vider son esprit, et tout ça me rappelle tellement André et ses dérives sectaires que ça perturbe un peu le processus. Il paraît que le plus dur c'est de parler avec ses propres animaux. Alors j'essaie de parler aux inconnus, mais je me prends souvent des coups de griffe.
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