samedi 12 mai 2012
Fun Radio
Je suis accro à Fun Radio, à ces chansons entêtantes diffusées 3 fois par heure, toujours les mêmes, qui rythment mes journées de façon cyclique. Toutes ces Inna, Cascada, Rihanna, poupées siliconnées et pourtant tellement touchantes. J'ai été séduite par Romain car il aime Inna, encore une bonne raison. Je n'aurais pas dû l'attendre pour aller la voir au Macumba de Saint-Julien-en Genevois l'année dernière. Le Macumba, plus grosse boîte de France, avec sa salle aux 7 miroirs et autant de dancefloors différents. Le rêve de toute une vie.Ces chansons qui me touchent, me mettent dans un état second, ou se superposent des rythmes réguliers, une voix divine, et des paroles simples, répétitives, et porteuses du sens que l'on choisit de leur accorder. "Where have you been, all my life", "I'm just playing, right here, right now", "Give me a chance to be into your life", où les femmes sont éternellement des victimes dans l'attente d'un homme viril qui les arrache à leur condition.
C'est horrible de toujours vivre dans l'attente de quelque chose, une attente abyssale et jamais satisfaite. Comment font les personnes qui se suffisent à elles-mêmes? Est-ce que certaines sont nées avec une case en moins, une âme incomplète? Et donc elles cherchent, inlassablement, ce petit morceau d'elles-même qu'elles ne pourront jamais trouver, qui ne conviendra jamais parfaitement, qui ne sera qu'un ersatz, un patch, un pansement à fleurs sur une blessure purulente, et elles souffriront toutes leur vie car elles ne peuvent pas se guérir elles-même. On croit trouver, et à chaque fois c'est un mensonge.
samedi 5 mai 2012
Remontons un peu plus loin encore. Ce n'est pas une chanson, mais trois, d'un même album. Une veste en jean, un sac, et un billet d'avion.
Mai 2007
Un soir de mai, il fait chaud, c'est l'anniversaire d'Emilio. Je l'ai vu, il a pris du lsd, il se prend pour une fleur, je m'ennuie, j'ai peur, j'ai pris la mauvaise voie, Eric m'aime trop, je me déteste, j'ai envie de mourir, Claire est bourrée, elle se fait plus ou moins violer dans un fossé, il est 20h et je suis saoule, et le pire c'est que j'aime ça. Il est là, il va venir. Il vient, avec sa copine. Je dois me cacher pour pleurer, et qui me console, c'est Eric, quelle cruauté, quel être immonde je fais, je ne mérite pas son amour. Eric part, Claire a disparu et tout le monde s'en fout, elle ressurgira au petit main avec des griffures partout, "tout va bien", Claire ne va pas bien et tout le monde s'en fout, car c'est Claire. André est là, je suis bourrée, j'ai mon jean blanc, des sandales compensée, mon haut bleu, et j'ai même pas de soutif, je suis une grosse pute et je me dégoûte, mais je suis bourrée donc c'est pas grave. André me parle toute la nuit, je ne comprends rien, ou je ne me souviens de rien, on boit de la cachaça avec du sucre, à même la bouteille, tout ce qu'il dit, c'est que je suis belle, et ça me suffit pour le suivre dans sa chambre. A cinq heures du matin, car il pleut et que je suis belle. Je passe l'agreg mais je m'en fous, ma vie n'a aucun sens mais je m'en fous, il me propose de venir en Tchéquie, et évidemment je dis oui. Il me donne du lsd et évidemment je dis oui.
La première fois à Olomouc, le premier trajet centre-ville/fakultni nemocnice, on traverse l'hôpital, il fait nuit, très sombre, j'ai peur, et s'il me tuait là? "Un petit peu d'urban bohemia", dit-il pour me rassurer. Qu'est-ce que je serais prête à donner pour retourner à Olomouc, cette nuit-là, avec sa main dans la mienne, la veste en jean, et la chaufferie de l'hôpital qui recrache sa fumée blanche dans la nuit d'été?
http://www.youtube.com/watch?v=U0B9myYLySc&feature=related
http://www.youtube.com/watch?v=AO1hGoOefYQ&feature=relatedhttp://www.youtube.com/watch?v=AeAB00szD4E
http://www.youtube.com/watch?v=gZsLP9oNdeo&feature=related
Mai 2007
Un soir de mai, il fait chaud, c'est l'anniversaire d'Emilio. Je l'ai vu, il a pris du lsd, il se prend pour une fleur, je m'ennuie, j'ai peur, j'ai pris la mauvaise voie, Eric m'aime trop, je me déteste, j'ai envie de mourir, Claire est bourrée, elle se fait plus ou moins violer dans un fossé, il est 20h et je suis saoule, et le pire c'est que j'aime ça. Il est là, il va venir. Il vient, avec sa copine. Je dois me cacher pour pleurer, et qui me console, c'est Eric, quelle cruauté, quel être immonde je fais, je ne mérite pas son amour. Eric part, Claire a disparu et tout le monde s'en fout, elle ressurgira au petit main avec des griffures partout, "tout va bien", Claire ne va pas bien et tout le monde s'en fout, car c'est Claire. André est là, je suis bourrée, j'ai mon jean blanc, des sandales compensée, mon haut bleu, et j'ai même pas de soutif, je suis une grosse pute et je me dégoûte, mais je suis bourrée donc c'est pas grave. André me parle toute la nuit, je ne comprends rien, ou je ne me souviens de rien, on boit de la cachaça avec du sucre, à même la bouteille, tout ce qu'il dit, c'est que je suis belle, et ça me suffit pour le suivre dans sa chambre. A cinq heures du matin, car il pleut et que je suis belle. Je passe l'agreg mais je m'en fous, ma vie n'a aucun sens mais je m'en fous, il me propose de venir en Tchéquie, et évidemment je dis oui. Il me donne du lsd et évidemment je dis oui.
La première fois à Olomouc, le premier trajet centre-ville/fakultni nemocnice, on traverse l'hôpital, il fait nuit, très sombre, j'ai peur, et s'il me tuait là? "Un petit peu d'urban bohemia", dit-il pour me rassurer. Qu'est-ce que je serais prête à donner pour retourner à Olomouc, cette nuit-là, avec sa main dans la mienne, la veste en jean, et la chaufferie de l'hôpital qui recrache sa fumée blanche dans la nuit d'été?
http://www.youtube.com/watch?v=U0B9myYLySc&feature=related
http://www.youtube.com/watch?v=AO1hGoOefYQ&feature=relatedhttp://www.youtube.com/watch?v=AeAB00szD4E
http://www.youtube.com/watch?v=gZsLP9oNdeo&feature=related
Take me away
Bon, décidément, je suis d'humeur en ce moment, à retracer ma vie en chansons. Comme les longueurs à la piscine. 1 longueur = 1 an, comment j'étais à 14 ans et demi? comment ça sera à 33 longueurs?
An immense tune, comme ils disent, en tout cas une chanson qui m'aura bercée pendant un an, quand ça allait bien quand ça allait mal, et qui encore aujourd'hui peut arriver à me hérisser quelques poils, bien qu'elle appartienne déjà au passé. Sans oublier que le mec de gauche est sacrément mignon. Bon, un soir, il pleut, je suis à Londres, j'ai ma veste violette, et là, je le vois, à l'abribus, une canette de bière à la main, il me sourit, je prends le bus avec lui, il n'y a pas grand monde, il me prend la main, et je ne la lâche plus. Voilà, cette chanson, le mec de gauche, ma vie en Angleterre. Le dance floor, les basses qui font tout vibrer, même les verres sur le comptoir, mon sac à franges sur un sol poisseux, mes baskets à fleurs, les néons dans la figure, la solitude, la peur, et tous ces gens autour de moi qui ressentent la même chose mais ne le savent pas toujours, le froid, l'humidité, la bière, l'accent londonien, et les basses encore, qui tapent, qui nous donnent un rythme sur lequel on peut vivre. Malheureusement, la seule personne qui peut me taker away, c'est moi-même j'en ai peur.
http://www.youtube.com/watch?v=i46IN3h9dHk
An immense tune, comme ils disent, en tout cas une chanson qui m'aura bercée pendant un an, quand ça allait bien quand ça allait mal, et qui encore aujourd'hui peut arriver à me hérisser quelques poils, bien qu'elle appartienne déjà au passé. Sans oublier que le mec de gauche est sacrément mignon. Bon, un soir, il pleut, je suis à Londres, j'ai ma veste violette, et là, je le vois, à l'abribus, une canette de bière à la main, il me sourit, je prends le bus avec lui, il n'y a pas grand monde, il me prend la main, et je ne la lâche plus. Voilà, cette chanson, le mec de gauche, ma vie en Angleterre. Le dance floor, les basses qui font tout vibrer, même les verres sur le comptoir, mon sac à franges sur un sol poisseux, mes baskets à fleurs, les néons dans la figure, la solitude, la peur, et tous ces gens autour de moi qui ressentent la même chose mais ne le savent pas toujours, le froid, l'humidité, la bière, l'accent londonien, et les basses encore, qui tapent, qui nous donnent un rythme sur lequel on peut vivre. Malheureusement, la seule personne qui peut me taker away, c'est moi-même j'en ai peur.
http://www.youtube.com/watch?v=i46IN3h9dHk
Le Monde
Y a-t-il un profil type de l'anorexique?
Elle est perfectionniste, mal à l'aise dans les relations sociales, très performante sur le plan scolaire et dans l'excès. Elle cherche toujours à être la meilleure, la première de la classe. Elle ne s'aime pas mais a énormément besoin de l'amour des autres, de ses parents, de ses amis et de ses professeurs. L'anorexie est une maladie d'amour.
Elle est perfectionniste, mal à l'aise dans les relations sociales, très performante sur le plan scolaire et dans l'excès. Elle cherche toujours à être la meilleure, la première de la classe. Elle ne s'aime pas mais a énormément besoin de l'amour des autres, de ses parents, de ses amis et de ses professeurs. L'anorexie est une maladie d'amour.
Une fois de plus, je voulais changer de vie, partir le plus loin possible, à la poursuite de quelque chose qui ne pourra exister que lorsque j'aurais accepté l'idée que ça n'existe pas. J'ai pris la solution la plus radicale qui soit, je suis retournée vivre chez mes parents. Je suis entourée de ses affaires, ses livres (dont il ne veut plus), ses affaires (qu'il me laisse, tout ça c'est du passé), les tee-shirts qu'il m'a offerts, le tee-shirt que je lui ai volé. Tout cela n'a plus aucun sens, ce ne sont plus que des objets, vides de leur substance.
Il n'a pas changé. Les mêmes cheveux, le même t-shirt, le même air absent et moqueur à la fois. "Tu sais, nous deux, pour moi, c'est du passé, c'est fini". J'ai son odeur dans la tête et je ne sais pas quoi en faire.
2009
Une soirée d'hiver, ou d'été, je ne sais plus. Une soirée, comme les autres, on fait le trajet à pied de Fakultni nemocnice jusqu'au centre-ville, sans savoir où aller. Au hasard, ce sera Vertigo. Un bar crasseux qui pue la clope, en entrant on passe devant les toilettes, la porte ne ferme pas, il n'y pas de papier. Ce même bar où lui et ses amis se sont fait casser la gueule par des skinheads, car il leur avait fait un bras d'honneur. Le bar est plutôt vide. Ca doit être l'été, il n'y a personne que nous connaissions. André roule un joint. Un grand écran est déployé, ça doit être un dimanche soir. Ils passent des clips. André, moi, et Radiohead. Je ne sais pas combien de temps ça dure, mais ça me semble une éternité. J'aimerais que ça s'arrête, qu'on reste toute la vie comme ça. Lui, moi, le joint, la chanson, le joint, le clip, moi, lui. Pour une fois, je m'en fiche de puer, je m'en fiche qu'il se foute les doigts dans le nez, je m'en fiche de rien comprendre, mais j'ai envie de mourir ici afin d'y rester pour toujours.
http://www.youtube.com/watch?v=nPX3u0XJzKM
2012
Je vais à la Cantada, un bar gothique près d'Oberkampf. C'est soirée karaoké. Il y a Lella et son pull jaune, comme une bouée de sauvetage, Erwan qui ressemble à mon cousin, et beaucoup de gens chevelus qui crient avec une bière dans chaque main. Et là, la chanson. Je n'entends plus rien, je ne vois plus rien. Et son odeur me submerge, son odeur, l'odeur du bar, l'odeur du joint, l'odeur des toilettes qui ne ferment pas, et je ne peux rien y faire.
Il ne sent rien, il ne sent plus rien. Son cou est là mais il ne sent plus rien. Désormais, ça ne sera plus que dans ma tête.
2009
Une soirée d'hiver, ou d'été, je ne sais plus. Une soirée, comme les autres, on fait le trajet à pied de Fakultni nemocnice jusqu'au centre-ville, sans savoir où aller. Au hasard, ce sera Vertigo. Un bar crasseux qui pue la clope, en entrant on passe devant les toilettes, la porte ne ferme pas, il n'y pas de papier. Ce même bar où lui et ses amis se sont fait casser la gueule par des skinheads, car il leur avait fait un bras d'honneur. Le bar est plutôt vide. Ca doit être l'été, il n'y a personne que nous connaissions. André roule un joint. Un grand écran est déployé, ça doit être un dimanche soir. Ils passent des clips. André, moi, et Radiohead. Je ne sais pas combien de temps ça dure, mais ça me semble une éternité. J'aimerais que ça s'arrête, qu'on reste toute la vie comme ça. Lui, moi, le joint, la chanson, le joint, le clip, moi, lui. Pour une fois, je m'en fiche de puer, je m'en fiche qu'il se foute les doigts dans le nez, je m'en fiche de rien comprendre, mais j'ai envie de mourir ici afin d'y rester pour toujours.
http://www.youtube.com/watch?v=nPX3u0XJzKM
2012
Je vais à la Cantada, un bar gothique près d'Oberkampf. C'est soirée karaoké. Il y a Lella et son pull jaune, comme une bouée de sauvetage, Erwan qui ressemble à mon cousin, et beaucoup de gens chevelus qui crient avec une bière dans chaque main. Et là, la chanson. Je n'entends plus rien, je ne vois plus rien. Et son odeur me submerge, son odeur, l'odeur du bar, l'odeur du joint, l'odeur des toilettes qui ne ferment pas, et je ne peux rien y faire.
Il ne sent rien, il ne sent plus rien. Son cou est là mais il ne sent plus rien. Désormais, ça ne sera plus que dans ma tête.
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